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Noémie n'aurait jamais pardonné à Mathieu de laisser un de ses fils à la rue. C'est pourquoi il accepta que Loïc aille s'installer dans une de ses possessions immobilières : la maison où Ayméric, l'ex-mari chirurgien de Robin, était allé s'installer après avoir trompé cette dernière. Par la suite, la maison avait été rachetée par Yoann et Aline. A la mort de ces derniers Mathieu, leur fils unique, en avait hérité.

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L'inconvénient était que premièrement, Loïc était loin de lui être reconnaissant de le laisser vivre là, et que deuxièmement, la maison se trouvait juste de l'autre côté de la rue. Depuis nos fenêtres on avait donc vue sur le morveux installé sur son porche, passant ses journées à toiser le reste de sa famille avec malveillance, épiant les moindres faits et gestes des uns et des autres, essayant de leur transmettre télépathiquement toute la colère et la rancoeur possibles.

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Il ne quittait son poste d'observation que pour éviter Kea, qui venait régulièrement rôder autour de la maison et renverser la poubelle. La pauvre petite avait l'air d'une névrosée bonne à être internée depuis son divorce. Elle n'avait pas épousé Loïc que pour son argent, elle l'avait vraiment aimé. Il avait été le premier et le seul à poser les yeux sur elle, depuis qu'elle avait eu la mauvaise idée de surgir du puits à souhaits.

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Loïc aussi était malheureux , mais pour d'autres raisons. La baraque n'avait pas été entretenue depuis le décès des derniers locataires et il la trouvait minable. Trop petite, avec à peine deux chambres et deux salles de bain à l'étage, même pas de voiture dans le garage, sinon une vieille épave laissée à l'abandon ... 

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... et ne parlons même pas du matériel électronique, tombé en panne et délivrant de violentes décharges quand on essayait de le réparer. Cette maison était maudite.

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Non seulement maudite, mais aussi hantée. Une fois la nuit tombée, les fantômes venaient jeter des coups d'oeil curieux. Loïc eut la visite d'Aline, qui pendant une brève période de sa vie, avait été sorcière ...

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... et de Yoann, qui pendant une brève période de sa vie, avait été mince.

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Ce dernier n'appréciait guère d'avoir un colocataire. Décidément, la présence de Loïc n'était désirée nulle part.

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Un soir en rentrant du boulot, il réussit à convaincre Pryia de passer chez lui prendre un verre. Celle-ci, réticente, avait immédiatement regretté en apprenant que Loïc n'avait pas encore osé demander sa part d'héritage.

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" Ne me touche pas! " cria-t-elle en le repoussant violemment tandis qu'il essayait de l'embrasser. 

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Pryia allait partir, Loïc sur ses talons, quand elle se retourna, le visage implorant. Elle percevait très nettement tous les simflouzes en train de lui glisser entre les doigts comme du sable fin.

" Loïc, mon chéri ... ne le prends pas comme ça, fit-elle d'une voix mielleuse. C'est juste que toi et moi, on pourrait être vraiment heureux avec tout cet arg ...

- DEHORS! " Aboya-t-il en faisant du vent avec ses mains.

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La maison avait beau être plus petite que l'ancienne, elle lui parut d'un coup très grande, lorsque Pryia fut partie et qu'il se retrouva seul. Il ne voulait rien demander à ses frères. Ces derniers n'avaient pas protesté quand Mathieu l'avait mis à la porte, ils avaient même été contents. 

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Ils devaient bien se marrer maintenant, en le sachant seul et sans le sou. Ils attendaient sans doute qu'il vienne ramper à leurs pieds et les supplier de lui donner son argent. Comme s'il pouvait pas se débrouiller sans eux et sans leur satané fric!

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Tout ça, c'était à cause de ce foutu divorce ...

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... et de cette conne de Kea!

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Pour tromper sa solitude, Loïc décida, sur un coup de tête, d'appeler le service d'adoption d'enfants. Affectionnant particulièrement les solutions de facilité, il demanda d'adopter un gamin déjà grand. Pas question pour lui de se coltiner les changements de couche et les bibis à 3h du mat'.

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Dès le lendemain, à 10h, l'assitante sociale vint déposer une espèce de gamin hideux avec une tronche de bonobo et habillé comme un lutin. Charles, il s'appelait.

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Il avait pas franchement l'air heureux d'être là, le gamin. Et ça n'était pas près de s'arranger avec le temps.

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Charles refusait catégoriquement toute marque d'affection et même de faire ses devoirs. Après quelques tentatives, Loïc laissa finalement tomber. Elever un gamin était plus dur que ce qu'il avait pensé, et s'il avait espéré recevoir de la gratitude et de l'affection de la part de celui là, il s'était bien trompé. Heureusement, il aurait pas à s'en occuper pour bien longtemps. Une fois ado, le gosse pourrait bien faire ce qu'il voudrait, et avec un peu de chance il se tirerait d'ici, pensait Loïc.

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Pauline était devenue une ado tournée vers le plaisir. Heureusement, elle ne ressemblait pas à sa mère au même âge (qui, souvenons-nous, était d'une laideur désolante), mais plutôt à son papa. Finalement, les gènes avaient bien tourné dans cette famille. Du moins dans la partie de la famille où Abdel Bailly n'avait pas sévi.

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Pauline, disais-je, son grand jeu dans la vie, c'était de collectionner les premiers rendez-vous. Mathieu lui expliqua que ce serait loin d'être une partie de plaisir, de se coltiner tous les PNJ moches du quartier et d'être obligée de leur faire la conversation. Sans compter qu'il faudrait les avoir à l'oeil, vu que la famille oubliait régulièrement de nourrir Marguerite. Mais Pauline était décidée. 

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Pour ses premiers rendez-vous, elle en appela bien sûr à notre brave puits à souhaits. Devenir directement meilleure amie avec les gugus qui en sortaient lui facilitait bien les choses, elle n'avait plus qu'à leur demander cash un rendez-vous. Et de un!

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Le problème, c'était que le puits ne lui envoyait que trois amis par jour, et que quand ça lui chantait, il lui balançait aussi des simsettes. Pauline, ne sachant qu'en faire, les abandonnait tout bonnement sur la pelouse. Elle était pas là pour se faire des amies. Guillaume, qui était pourtant d'une timidité maladive, tenta bien une approche auprès de la jolie Mélanie Lenoir, et se prit cash un énorme vent. Mes héritiers avaient beau être riches, ils n'en restaient pas moins nuls en drague. 

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Lassée d'attendre après le puits, Pauline décida de contacter l'entremetteuse. Celle-ci fut choquée de la radinerie de mon héritière, qui, à ma grande suprise, ne la paya que 34 simflouzes pour ses services. 

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Le résultat fut qu'elle eut droit à un laideron en kimono. M'enfin, ça comptait quand même pour un.

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Une fois le rendez-vous (pas mal) avec son numéro deux terminé, l'entremetteuse lui balança Dirk Dourève. Il était pas mal, Dirk. Pauline se mit en tête de mettre les bouchées doubles pour ce rendez-vous là. On aurait presque même été tenté de remercier l'entremetteuse, si seulement ...

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Si seulement cette garce n'avait pas fait exprès de présenter à Pauline un sim avec lequel elle ne s'entendrait pas. Dirk se montra en effet fermé comme une huître. Il refusa de danser, trouva les blagues de Pauline nulles et ses ragots indignes d'intérêt. Puis il mit fin au rendez-vous en déclarant que celui-ci avait été "pas terrible".

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Malgré le fiasco Dirk, mon héritière continua à enchaîner les rendez-vous et à payer l'entremetteuse à coups de lance-pierre.

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De son côté, Marina (fille d'Arthur et de Rosie, soeur de Guillaume) fêta son anniversaire à grand renfort de serpentins et de confettis. La petite était aussi extravertie et négligée que son père (la première barre étant presque remplie et la seconde pratiquement vide) et assez sympatique, espiègle et active, comme son frère.

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Un jour en rentrant de l'école, elle nous ramena Charles, le fils adoptif hideux de Loïc. Son séjour chez ce dernier ne lui avait pour l'instant pas été très bénéfique : il avait grossi et était donc encore plus repoussant qu'à son arrivée. La faute à Loïc qui ne lui cuisinait que du gâteau fourré pour essayer de lui faire plaisir.

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Loïc n'avait pas remis les pieds à la maison depuis qu'il en avait été chassé. Aussi, lorsqu'il vint chercher Charles, Mathieu saisit l'occasion pour lui proposer de lui verser son héritage.

" Vous pouvez le garder votre sale fric extorqué à des pauvres clients débiles ou gagné à la bourse, s'énerva-t-il. Je passe juste prendre Charles, je viens pas faire la manche.

- M... Mais ... Mathieu bégaya, incrédule. Mais tu as un enfant à charge à présent, et en plus j'ai entendu dire que tu avais démissionné de ton boulot, comment tu fais pour t'en sortir?

- On n'a pas forcément besoin de 13 millions de simflouzes pour s'en sortir ", répliqua sèchement Loïc.

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En réalité, des problèmes d'argent, il en avait. Surtout depuis qu'il avait laissé tomber le journalisme à cause de Pryia, son ancienne collègue et amante. Mais il avait aussitôt retrouvé du travail dans les affaires, au poste de responsable. C'était pas bien cher payé, mais suffisant pour tenir les huissiers à distance.

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A la maison, on n'avait pas ce genre de problème. L'argent coulait à flot et contrairement à Charles, Marina nous ramenait tous les jours des 20/20.

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M'enfin, chaque foyer a bien son lot de linge sale, pas vrai? Chez nous le linge sale, c'était Pauline. Cette gosse n'en faisait qu'à sa tête, avec sa fichue aspiration au plaisir. Un soir où elle avait décidé de faire le mur avec une de ses conquêtes, on eut le déplaisir de la voir se faire ramener par la police (soit dit en passant, celle-ci trouva rien de mieux que de se garer sur le trottoir d'en face, c'est-à-dire chez Loïc). Quand je dis "on" je parle que pour moi, parce qu'à 4 heures du matin tout le monde était parti au lit depuis belle lurette. Ils furent même pas réveillés par le tapage du girophare, ni par le flic qui leur gueula de garder la petite à l'oeil, à l'avenir. 

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Si les parents ne daignèrent pas se lever pour lui remonter les bretelles, les fantômes, eux, n'allaient pas louper l'occasion d'avoir quelqu'un à effrayer au milieu de la nuit. D'ordinaire, c'était plutôt rare de croiser âme qui vive à cette heure-là.

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Lucas, même mort, n'avait pas perdu ses bonnes habitudes : il rôdait autour du frigo, prêt à bondir sur le premier affamé venu pour succomber à l'appel du grignottage. A son époque, c'était souvent le pauvre Yoann, son fils, qui se faisait prendre la main dans le sac. Ce qui l'avait pas empêché d'être gros toute sa vie.

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D'ailleurs, Pauline empruntait le même itinéraire calorique que son ancêtre.

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Puis on eut droit à une histoire d'amour avortée entre Guillaume et Carole Delorme.

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Guillaume avait carrément un ticket avec elle, et la petite était mignonne, mais ...

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... mais les fainéants de cette famille avaient encore oublié de nourrir Marguerite. 

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Aussitôt remis de la perte de Carole, Guillaume s'arma des lunettes de soleil "Décontract" pour aller retenter sa chance avec Mélanie Lenoir qui, je le rappelle, l'avait envoyé paître quelques jours plus tôt. 

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Les lunettes firent leur effet et Mélanie tomba instantanément amoureuse de lui. Je vous entends d'ici vous dire que ce serait bien d'avoir les mêmes en vrai, mais détrompez-vous! N'importe quel gus en pyjama pourrait vous faire tomber amoureuse de lui, vous imaginez? Ce serait une drôle de vie, où le premier looser venu pourrait conquérir votre coeur. Non Sylvestre, je parle pas de toi.

Entre deux postures horrifiées (de quoi d'ailleurs? Du fait que son frère flirte avec Mélanie alors que Marguerite avait même pas encore digéré Carole?), Pauline avait, de son côté, décroché un baiser langoureux à son énième rencard. 

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Avec toutes leurs péripéties amoureuses, les gosses avaient pas le temps de faire leurs devoirs, et ça commençait sérieusement à s'entasser. Sans compter que leurs notes en pâtissaient : chacun se baladait avec un beau 6/20 dans son cartable.

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A force d'abuser du puits, celui-ci finit par libérer son kraken : Mlle Ladentelle.

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Le regard mauvais et armée de son sac à main, le veille prit la peine de traverser tout notre terrain ...

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... pour aller frapper la gosse avec son sac à main.

" Les jeunes de nos jours, ça sait plus se tenir! Houspilla-t-elle. Ça commence avec le puits et ça finit sur le trottoir! Ils sont où tes parents, hein?

- M'AAAN!!!" Hurla Pauline en se faisant fouetter par le cuir.

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Rosie ne fut, une fois de plus, d'aucune utilité. D'autant qu'elle venait visiblement d'être tirée d'une partie de jambe en l'air avec Arthur. Beurk. 

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Mlle Ladentelle ne fit pas le poids face à Pauline et ses 70 kilos de gras. Elle aurait mieux fait de s'attaquer à Rosie.

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D'autant que la mère donnait pas forcément le meilleur des exemples.

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A quelques pas de là, Guillaume s'essayait à une nouvelle activité : le bricolage. 

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En réalité, bricoler des vieilles carcasses de voiture était pas vraiment son passe-temps préféré, mais Mathieu ayant finalement pris sa retraite et fermé boutique, la famille s'était retrouvée sans véhicule pour aller au boulot. Toute la marchandise avait en effet été revendue à la fermeture du commerce, or c'était beaucoup moins pénible pour nos oreilles que Cyrielle parte travailler en voiture plutôt qu'en hélico. Et puis, c'était connu, on aimait bien l'artisanal, dans la famille.